La classe de seconde



Tout d’abord, je vous propose de lire les recommandations faites aux élèves.



Les difficultés en mathématiques propres à la seconde

J’en vois trois principales :

• La classe de seconde générale est celle où la diversité des niveaux en mathématiques est la plus importante. D’une part parce qu’elle est la dernière classe avant un réel choix d'orientation (les écarts qui se sont creusés au fil des ans seront un peu résorbés en première par l’orientation) et d’autre part parce que les élèves arrivant au lycée proviennent souvent de collèges différents où l’entraînement en algèbre, n’était pas partout de la même intensité. Les effectifs souvent importants des classes de seconde n’aident pas à traiter cette diversité.



• Au collège, certains élèves ont pris la mauvaise habitude d’appliquer des recettes sans bien en comprendre le sens. Les « automathismes » (le néologisme est de Stella Baruk) qui se sont mis en place vont souvent se révéler inopérants au lycée où les anciennes notions seront parfois reprises dans un autre contexte. L’élève devra faire en sorte de retrouver le sens de ce qu’il fait.



• Enfin, on déplore souvent, en seconde, un manque de travail. Les élèves tardent pour beaucoup à prendre la mesure des efforts à fournir. Au lycée, il ne suffit pas d’effectuer les devoirs notés dans le cahier de texte. Je sais bien qu’il y a beaucoup de disciplines et que certains ont du mal à tenir sur tous les fronts, mais s’ils font des choix, ils ne doivent pas s’étonner de leurs conséquences. Il ne me semble pas du tout aberrant que les parents d’un élève de seconde limitent son accès à l’ordinateur et à la télévision.



La spécialité mathématiques

Il faudra, dès la fin du deuxième trimestre, envisager de choisir. Je ne crois pas qu’il soit bon de vouloir prendre à tout prix la spécialité mathématiques si le niveau en mathématiques est vraiment trop faible. La dénivelé entre la seconde et la première est plus important que celui entre la troisième et la seconde. L’argument selon lequel il vaut mieux garder « un maximum de portes ouvertes » a ses limites. Il faut surtout, pour réussir, aller vers les portes qui conviennent à ses aspirations profondes. Certains élèves gagneraient sans doute à bien considérer toutes les autres spécialités qui leurs sont offertes.

En revanche, si le niveau en mathématiques est assez solide, il ne faut pas non plus être naïf et s'imaginer que toutes les spécialités se valent en terme d'orientation. La valeur des enseignements dépend de leur contenu. La spécialité mathématiques enseigne un savoir qui a plus de deux millénaires d'existence. D'autres disciplines viennent d'apparaître, qui me semble parfois un peu hétéroclites. S'il existait une spécialité dévolue à la programmation dans un langage donné et qu'elle était confiée à des professeurs maîtrisant le sujet, alors là, la jeunesse de la matière serait compensée par son utilité.

En cas de gros doutes métaphysiques concernant l'orientation, il sera peut être bon, au cours des années de lycée, de consulter un spécialiste du sujet. Un « orientateur » privé est sans doute un bon choix. C’est un investissement non négligeable (compter plus de 500euros), mais qui a fait ses preuves. Les rendez-vous se prennent en général assez longtemps à l’avance.



Le redoublement

Si vraiment la spé math s'avère incontournable mais que le niveau en math est faible, il ne faut pas, à mon sens, craindre un redoublement lorsque cela s’avère nécessaire. Au contraire, cela peut être l’occasion d’un nouveau départ. La lutte actuelle de l’institution contre le redoublement trouve plus ses fondements dans un souci d’économies (légitimé ensuite par des études sociologiques serviles) que dans le souci du bien de l’élève.

Garder du recul

Il me semble inutile que les parents se crispent trop en cas d’échec. Il est très fréquent que des élèves se révèlent après une période difficile, qui peut durer un trimestre ou plusieurs années. Tout en maintenant le principe qu’un élève doit travailler, il faut parfois laisser le temps faire son œuvre. Aujourd'hui, les parents sont souvent plus stressés que de raison. Tout ne se joue pas non plus en classe de seconde.

Le choix du lycée

Le contexte d’un établissement exigeant en matière de travail est à mon sens un atout considérable, surtout en vue des études supérieures. En contrepartie, évidemment on y subit parfois un peu plus de « pression » que dans un établissement où le rythme est moins soutenu.

Questions souvent posées

Dois-je faire donner à mon enfant des cours particuliers ?

Lorsque cela semble nécessaire, pourquoi pas, mais à la condition qu'il soit demandeur.

Quel livre parascolaire puis-je conseiller pour faire des exercices en plus ?

Savoir refaire les exercices traités en classe, c’est déjà pas mal. Si je connaissais un livre qui me convienne, je ne perdrais pas mon temps à taper moi-même mes cours et exercices. L’objectif du site MathEnSeconde est justement de proposer tout ce qu’il faut pour qu’un élève en difficulté puisse rattraper son retard et pour qu’un bon élève puisse approfondir ses connaissances. Toutes vos suggestions seront d’ailleurs les bienvenues. Mais comme cela demande du temps, je peux recommander en attendant les collections ABC du BAC (Nathan) et Prépabac (Hatier) qui sont globalement de bonne qualité. Je regrette toutefois que dans un souci de faire « clair », il y manque beaucoup d’explications. Les erreurs courantes ne sont pas assez prises en compte et les concepts mathématiques ne sont pas traitées dans toute leur «épaisseur». On met parfois l’élève en échec en voulant faire passer pour simple ce qui ne l’est pas et en lui cachant ainsi des informations essentielles. C’est pourquoi j’invite les élèves à lire les versions longues de mes cours.